scarifications: cicatrices et esthétisme, les origines

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« À portée du regard et du toucher, s’affichent les signes du corps : des lignes s’inscrivent, d’autres s’estompent. Des formes naissent, parfois s’imbriquent ou se perdent, puis retrouvent leur mouve­ment pour partir à l’assaut d’une portion de surface lisse. Et tous ces dessins recherchent le motif d’un tressage, d’un tissage, ou les traces laissées par les êtres que dissimulent les rivières et les forêts, ou la mémoire des humains. » c.falgayrettes-leveau

À l’inverse de la peinture et du maquillage, superficiels et passa­gers, les tatouages et les scarifications créent une modification définitive des tissus cutanés.

Créées volontairement par l’altération du derme, les scarifications sont le résultat de cicatrices. L’incision est la technique la plus courante, la peau pouvant être entamée soit par de petites sai­gnées, soit par de longues estafilades. Les instruments sont les mêmes que pour les tatouages, mais s’y ajoutent des lames et des couteaux. La cautérisation est plus rarement utilisée. Parmi les ingrédients déposés sur les plaies figurent des hémostatiques, mais aussi des cicatrisants, ou des agents favorisant l’hyperplasie, c’est-à-dire le développement de l’un des constituants histologiques responsables de la cicatrisation et produisant parfois ces sortes de petits boutons, ces saillies cutanées boursouflées, qui sont autant de motifs décoratifs ayant l’aspect de chéloïdes.

Il est impossible de relever la diversité des motifs, car les choix obéissent non seulement aux croyances mais aussi à la fantaisie et aux multiples influences à l’intérieur d’une société. S’il est vrai qu’au sein d’un même groupe, des individus peuvent avoir en commun certains dessins, ou ne porter aucune trace, il arrive que des scarifications semblables se rencontrent dans des groupes extérieurs, sans qu’il y ait parenté ou lien.

Les scarifications parent la peau de motifs en creux ou en relief, dessinant des traits courts et fins, plus ou moins denses, plus ou moins étendus, isolés ou groupés en lignes parallèles.

« Les marques du corps maintiennent un certain accord entre deux ordres, l’un touchant au concret, à la matière, c’est-à-dire à la peau, l’autre aux données suggestives, au virtuel. Cette rencontre se réalise en un lieu de stabilité qui doit tendre vers l’unité et l’harmonie, favorisées par la présence des scarifications. Les des­sins s’animent d’une prégnance telle que les tracés respectifs peuvent s’engendrer réciproquement, les ondulations assurant le passage d’un plan à l’autre. Mais parfois, la décoration s’opère de façon serrée, diminuant à l’extrême l’intervalle, et jouant sur l’effet de raccourci, effet qui traduit inévitablement la pénétration du dessin au plus profond de la peau, comme sur le visage de quelques sculptures teke du Congo » c.falgayrettes-leveau

Signes d’appartenance, souvenirs des rites de passage ou de contacts culturels, fonctions erotiques, esthétiques, prophylac­tiques ou thérapeutiques, les scarifications se font les échos des croyances, des valeurs sociales ou des relations extrapersonnelles, échos lointains, assourdis, car toutes les données témoignant de la vie des individus, puberté, initiation, entrée dans une confrérie ou mariage, ont subi une transmutation plastique, que ce soit sur le corps même des hommes ou sur les sculptures.

Les motifs corporels traduisent les changements opérés dans la vie des indi­vidus, et affichent parallèlement leurs droits et leurs obligations. Mais à travers une ligne ou un dessin, c’est parfois toute une métaphysique, une cosmogonie une culture qui s’exprime..

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Auteur: galikaia

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