Archives pour la catégorie Littérature

Les tatouages chez les indigènes de Madagascar par Raymond DECARY.

 Article en ligne ici: http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/jafr_0037-9166_1935_num_5_1_1628

La chirurgie esthétique, ouvrage collectif des éditions Taschen

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Vous êtes-vous déjà surpris à vous demander  » s’est-elle fait refaire le visage ?  » Feuilletez-vous la presse à sensation dans les supermarchés pour découvrir quelle star est passée dernièrement sous le bistouri ? Adorez-vous secrètement les photos montrant une personne avant et après une intervention ? Soyons francs, est-ce que cela ne nous tente pas tous ? A la fois fascinante et effrayante, la chirurgie esthétique est devenue un véritable phénomène de société qui n’en finit pas d’alimenter conversations passionnées, unes de presse et autres programmes télévisés. De la liposuccion aux implants de lèvres, ce livre surprenant d’un très haut niveau scientifique révèle tous les détails de la sculpture du corps par le biais de photos, d’illustrations, d’essais et d’interviews de virtuoses du scalpel.

Source d’informations indispensable, l’ouvrage aborde d’une façon totalement originale l’histoire de la chirurgie esthétique, les méthodes et les techniques les plus récentes, la quête de la beauté dans la vie comme dans l’art, le vieillissement, les questions d’ethnie, les influences de la chirurgie esthétique sur l’industrie du film et enfin jusqu’où certaines personnes sont prêtes à aller pour  » améliorer  » leur apparence.

L’éditeur: A l’issue d’études de l’histoire de l’art et de littérature allemande à Heidelberg, Angelika Taschen obtient son doctorat en 1986. Elle travaille pour la maison d’éditions TASCHEN depuis 1987 où elle a publié de nombreux ouvrages sur l’architecture, la photographie, le design et l’art contemporain.

Les auteurs: Sander L.Milman est professeur émérite des sciences et des arts libéraux à l’université d’Emory, d’Atlanta. Historien de la culture et de la littérature, il est l’auteur ou l’éditeur de plus de 70 ouvrages. Sa monographie Garçons Gras : un Livre Mince a connu un grand retentissement. Eva Karcher est journaliste spécialisée dans l’art contemporain, activité qu’elle exerce depuis 15 ans. Elle vit à Munich et écrit régulièrement pour différents magazines et journaux, dont Vogue, Focus, Bunte, AD, Die Süddeutsche Zeitung, Die Zeit, et Der Tagesspiegel. Elle a publié plusieurs ouvrages et élaboré de nouveaux concepts de magazines pour les revues artinvestor et sleek. Elle organise des expositions et conseille galeries, sociétés, et collectionneurs privés en matière d’art. Après des études d’histoire de l’art à Bochum, Paris, Pisa, et Amsterdam, Jürgen Müller a travaillé comme critique d’art, commissaire d’expositions et professeur invité dans diverses universités. Il occupe actuellement la chaire d’histoire de l’art à l’université de Dresde, ville dans laquelle il réside. Richard Rushfield, journaliste à Los Angeles, sa ville natale, est fondateur et coéditeur de la revue satirique The LA Innuendo. Conseiller de rédaction pour Vanity Fair et auteur du roman On spec, il travaille actuellement sur une histoire de l’ère Grunge.

Le vêtement incarné; les métamorphoses du corps. France Borel.

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Résumé de « Le vêtement incarné ; les métamorphoses du corps »


des pieds bandés des chinoises aux crânes allongés que l’on voit encore chez certaines tribus africaines, du corset de nos aïeules à la très contemporaine chirurgie esthétique, le genre humain semble refuser, depuis des siècles, sa propre anatomie.
… 
Avec plus ou moins de violence, on modèle la silhouette, on décore la peau, on pare les oreilles, le nez, la bouche. Aujourd’hui comme hier, ces pratiques transforment les corps de façon définitive.  Il est impossible de les gommer. Elles marquent l’individu à jamais. Que signifient alors ces corps tatoués, scarifiés, percés ? Que l’homme veut d’abord se démarquer de l’animalité, ensuite que ces métamorphoses sont une métaphore de la société.
Le corps décoré rend visible l’appartenance, le statut ou la richesse. Mais il montre aussi combien il est érotisé : en s’exhibant par fragments, il suscite le désir. Une exploration du corps qui bouscule les idées reçues.

Les hommes illustrés, Jérome Pierrat

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Ce n’est rien de le dire mais le tatouage revient de loin. Déjà, dans l’Antiquité, Grecs et Romains marquaient leurs esclaves, avant que le Moyen Âge ne proscrive cette pratique. S’il est témoin d’intégration chez les peuples primitifs, l’exercice « païen » est banni en Occident, considéré comme une coutume de sauvages, vulgaire, qui intrigue, impressionne, révulse. Un tatouage qui révulse tant qu’il en devient au XVIIe siècle la marque du paria dans la société, celle de la marginalité, de la déviance, de la dégénérescence. Et de « marquer » ainsi les voyous, les bagnards, les prostituées. Il n’y a qu’aujourd’hui que le tatouage reconquiert ses lettres (ou, comme souvent, ses dessins !) de noblesse. Les Hommes illustrés, largement nourris d’images, d’ici et d’ailleurs, de jadis, d’autrefois et d’aujourd’hui, retrace le parcours de cette histoire originale du tatouage, dans laquelle tout le corps passe, d’un continent à l’autre, d’un millénaire et d’un siècle à l’autre. –Céline Darner

 

  • Relié: 240 pages
  • Editeur : Larivière (2000)
  • Langue : Français
  • Corps et artifices : De Cronenberg à Zpira; de Denis Baron

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    Dans les processus de création gisent les enjeux théoriques de la recherche plurielle en image. Quelles sont les formes modernes de la croyance en l’image et de quelle manière le cinéma, la photographie, l’art-vidéo, travaillent sur les frontières de l’expérimentation et des mutations théoriques de l’image ? Quels sont les registres de fluctuation, d’intervalle, de crise de la subjectivité dont sont victimes nos regards sur les mutations actuelles de l’image ? La chair à l’image est alors un enjeu qui concerne notre lecture des changements de point de vue sur le corps du sujet et le corps de l’image. La transformation u corps aujourd’hui est le symptôme d’une époque où tout s’entremêle pour construire un bric-à-brac d’identité où l’apparence, l’illusion, prime sur le réel. Pour Baudrillard, le corps ne trouve plus sa place, car il est empêtré dans sa propre image, dans son propre simulacre. D’où la raison à un corps inquiet, qui se cherche avant tout. La solution ? Le creuser et le pétrir pour en faire ressortir la chair dans un monde évoluant au gré des nouvelles technologies. Cet ouvrage met en avant l’utilisation du corps en tant que matière première pour interroger son rapport au monde. S’appuyant sur les travaux de Deleuze et de Le Breton, Corps et artifices souhaite construire une grille de lecture anatomique et déployer des lignes de force biomécaniques. Pour que l’homme puisse réinvestir son statut de  » machine désirante « .

     L’Harmattan (26 avril 2007)

    Après des études de cinéma à l’I.E.CA. de Nancy et d’esthétique à Paris 1, Denis BARON poursuit ses interrogations sur les représentations du corps et ses croyances. Ses réflexions autour de la chair de/à l’image s’appuient sur un travail photographique et audiovisuel.

    Interview de Stéphanie Heuze, auteur d’un livre-clé sur les modifications corporelles, par les journalistes de Barricata.

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    Interview reprise sur le site Barricata, fanzine de contre culture du rash paris-banlieue.

     

    On a souhaité te rencontrer pour parler des différentes formes de modifications corporelles, un de tes sujets de prédilection, puisque que tu l’as développé dans l’ouvrage « Changer le corps ?». Première question, qui coule de source, qu’est-ce qui t’a amené à t’intéresser à un tel sujet ?
    Deux raisons, en fait. Je travaillais à Tribal Act, la boutique de piercing et de tatouage, située rue Amelot. Dès l’ouverture, ils ont tout de suite eu l’idée d’y adjoindre une galerie, et je m’en suis occupée. J’ai donc croisé des tatoués, des percés, et des gens réalisant des performances. C’est le moment où, parallèlement, on a eu droit à une déferlante d’articles sur le tatouage dans la presse, où on nous disait que c’était très dangereux, où les mots récurrents étaient « risque » et « mutilation ». Ce qui motivait ce discours, c’était d’une part la méconnaissance, et d’autre part, le rapport au corps. J’ai pensé qu’il serait intéressant de publier un ouvrage dit de référence, pour qu’on arrête de dire des conneries. J’y aborde la question du corps et de ses modifications volontaires et définitives, et c’est ainsi qu’on retrouve côte à côte, dans mon livre, avec la chirurgie esthétique, le piercing, le tatouage, le transsexualisme, le bodybuilding, enfin, toutes les formes d’interventions corporelles. J’ai redonné de l’information en passant par l’histoire, et j’ai essayé de mieux comprendre les enjeux contemporains. Donner de l’information aux tatoués, aux percés, et aux autres, c’est la première raison qui a motivé « Changer le corps ?».

    Cela t’a demandé un gros travail de recherche ?
    C’est un travail qui a pris deux ans. Je voulais initialement traduire en français un livre culte du début des années 80 qui s’intitule « Modern Primitives », un peu daté, notamment au niveau du piercing, parce qu’on est passé depuis à d’autres techniques, et surtout terriblement américain… Mais « Modern Primitives » est interdit à l’importation en France, pour « incitation à l’automutilation », car il comprend notamment une photo de pénis fendu dans sa longueur et réuni par un anneau. Dans « Changer le corps ?», on trouve donc quelques traductions de chapitres de « Modern Primitives », c’est une façon de les lire en français…

    Comme l’interview de Fakir Musafar ?
    Oui, le texte de notre père à tous : Fakir Musafar, qui a expérimenté toutes les modifications corporelles possibles et imaginables. En plus de ces textes, j’ai mené des entretiens avec des tatoueurs, des acteurs des modifications corporelles. Je n’ai pas éludé le facteur psychologique, j’ai ajouté de l’histoire, de l’ethnologie, bref, ça ne se veut pas un livre érudit, mais c’est un livre de départ, de référence, pour commencer.

    C’est un bouquin qui a déjà quelques années…
    Il a 4 ans. J’ai continué les recherches et je pourrais publier « Changer le corps 2 », mais je me suis embrouillée avec l’éditeur, or je voudrais le même format, le même papier…

    Alors, quels sont les grands types de modification corporelle ? Depuis quand est-ce que cela se pratique ? Où ?
    Cela fait beaucoup de questions ! Depuis quand ? Le plus ancien corps retrouvé, celui d’Hibernatus, un chasseur du Néolithique, porte des tatouages dans le dos et derrière les genoux ! C’était probablement des tatouages prophylactiques, car il souffrait d’arthrite. Sur les momies égyptiennes, essentiellement sur les femmes, on observe des tatouages sur le bas-ventre, on pense qu’il s’agit de motifs religieux. Idem pour tout ce qui est piercing, étirement, stretching. On peut légitimement penser que la décoration du corps est un geste premier de l’humain pour se démarquer du monde animal, de même qu’il a peint ou laissé des traces sur les murs.

    Est-ce que c’était réservé à une caste, ou au contraire répandu au sein de toute la société ?
    Cela dépend des civilisations. On pense que sur les corps momifiés, il s’agissait uniquement de prêtresses. Par contre, si on prend l’exemple de sociétés dites « primitives », comme celle des Iles Marquises, où l’on a des tatouages intégraux magnifiques, tout le monde se fait tatouer, même si la « beauté » des motifs arborés tient souvent à la richesse. En Afrique, la scarification n’est pas réservée à une élite, mais dépend du statut marital, du sexe, de l’âge… Ce qui est intéressant, c’est de noter que Nord-Sud, Est-Ouest, toutes les civilisations ont travaillé à modifier leurs corps, mais avec des techniques très différentes.
    Chez les Esquimaux par exemple, ce n’est pas par piqûre, mais par drainage. On glisse une aiguille et un fil avec de la suie sous la peau, et hop ! Chez les Aïnou, qui se trouvent au nord de l’île d’Hokkaido, au Japon, les femmes se tatouent les lèvres en noir par incision, avec de la suie également. En Polynésie, c’est plutôt pratiqué avec des coquillages ou des dents, à l’aide d’un peigne. Les modifications corporelles sont nombreuses, certaines nous choquent bizarrement comme le stretching du cou des femmes girafes du Nord de la Birmanie. Il faut bien comprendre que tous les corps, quelque soit la culture, sont soumis à des normes, et que ce qui nous choque nous, n’est pas du tout choquant dans une autre culture tandis qu’au contraire, pour d’autres cultures, nous avons des pratiques extrêmement choquantes !

    Retrouve-t-on des modifications corporelles liées au genre sexuel ?
    Oui, mais plus c’est admis dans la culture, moins il y a la nécessité d’intervenir sur le corps, donc cela va se traduire plutôt par du travestissement de communautés, qui ont des rôles spécifiques au sein de la société. Evidemment, plus on est dans une société répressive et genrée comme la nôtre, plus on va être obligée de s’assigner côté femme ou côté homme, même si aujourd’hui en Occident, on a des mouvements transgenres.

    Y’a-t-il un moment où les modifications corporelles ont disparu ?
    Totalement disparu, jamais. Mais avec la colonisation et la christianisation des territoires, le marquage des corps a reculé.

    Et en Occident ?
    Pas tout à fait, puisque le top du top, c’était de revenir d’un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle avec un tatouage, même si ça peut sembler un peu paradoxal !

    Y compris dans la noblesse ?
    A un moment donné, c’était très chic. Des rois, des reines, des ministres se sont faits tatouer, mais c’était lié à l’exotisme, aux grands voyages.

    La réapparition du tatouage dans les milieux populaires date du début du vingtième siècle, non ?
    Même d’avant ! Au XVIIIème, les marins reviennent avec des tatouages, comme autant de souvenirs de leurs aventures.

    Où sont installés les premiers tatoueurs ?
    Dans des roulottes, des cabanes, au bar… Le développement de la photographie et l’histoire des mauvais garçons amènent le tatouage jusqu’à nous, jusqu’à ce que cela devienne une mode.

    Dans ton livre, tu parles plus particulièrement des Mayas…
    Ils ont pratiqué une variété de modifications assez incroyable, et elles ont des statuts différents. On pratiquait bien entendu le tatouage, ainsi que l’épilation du visage, la coupe de cheveux, le strabisme (on mettait des petites boules de cire entre les yeux pour que les bébés louchent, c’était considéré comme éminemment esthétique) ; on aplatissait la tête, c’était un signe de noblesse (on enferme le crâne de l’enfant entre deux planches de bois, et on serre petit à petit) ; les Mayas pratiquaient le piercing de la langue et des oreilles, les incrustations de pierre au niveau des dents ; on en a retrouvé dans des tombes de souverains comme dans d’autres très modestes, etc.

    Le tatouage, d’une façon générale, c’était plutôt réservé à la gente masculine ?
    Pas forcément. Chez les Berbères, c’est surtout féminin, mais ce qui est dommage, c’est que lorsqu’on interroge de vieilles dames berbères, elles ne savent plus pourquoi elles ont fait ces tatouages. Il faut être sociologue ou ethnologue pour se poser ces questions. Quand tu demandes à une femme, aujourd’hui, pourquoi elle porte des talons aiguilles qui lui déforment définitivement le dos, elle ne va pas te répondre qu’elle le fait parce qu’on est dans une société où les rôles sont répartis, et donc qu’elle doit répondre à une norme… En tout cas, ce qu’on sait, c’est que cela a un pouvoir magique, de protection, et que cela se situe souvent près des orifices : entre les yeux, au niveau des arcades, sur les tempes, autour de la bouche, pour empêcher les mauvais esprits de s’introduire. Et au niveau des mains, parce que souvent ce sont les femmes qui préparent à manger et qu’il ne faudrait pas que la nourriture soit « empoisonnée ». Aux Philippines, les dames se tatouaient des motifs abstraits sur les bras: des scolopendres, des nids d’abeilles. On trempait un os d’oiseau dans de la suie, la finalité est simplement esthétique, tandis que les hommes se tatouent leurs faits d’armes, cela revêt une valeur de protection. Chez les Noubas, du Soudan, hommes et femmes se scarifient sur les zones érogènes. C’est joli, cela a du relief, et c’est considéré comme érotique.

    Tout à l’heure, tu parlais de la scarification comme du tatouage sur les peaux noires…
    C’est en effet une forme de marquage de la peau : on ouvre l’épiderme, on fait entrer de la suie, de la terre, des poudres mêlées, on frotte la plaie… Comme les peuples noirs ont beaucoup de chéloïde, cela noircit naturellement.

    Qu’est-ce qui motive toutes tes recherches quant au corps et aux normes ?
    Je suis féministe, je constate que le corps des femmes est dans l’apparence un enjeu, et fait particulièrement l’objet de pressions. On le voit avec le développement de la chirurgie esthétique, avec les talons (une aberration !), le maquillage qui n’est pas définitif, mais qui est une forme d’intervention sur le corps. Ce qui m’intéresse, c’est d’interroger les normes de beauté : c’est quoi la beauté ? Cela vient d’où ? Quels en sont les critères ? Qui les édicte ? Les critères de beauté sont tyranniques ! Surtout depuis les années 1950 en Occident. Le corps idéal aujourd’hui est lisse, glabre, fin, légèrement musculeux pour les hommes. Alors que dans la même culture, avant-guerre, un corps sain aurait été charnu.

    Où en sont tatouage et modification corporelle aujourd’hui ? Une norme parmi la norme ?
    Pour moi, il a deux types de tatouage/piercing. Celui qui correspond à une mode : je fais comme ma copine, comme mon copain, comme la star que j’admire, ou parce que je suis dans un groupe, dans une communauté, cela fait partie du costume. A côté de cela, il y a des personnes qui font des plus grandes pièces, ou des piercings un peu différents de l’arcade et du nombril, ceux-là sont dans une autre démarche, pas forcément de résistance, même si cela l’a été avec le milieu punk ; il s’agit en fait d’une construction de soi. Les pièces ressemblent aux personnalités, on ne les regrette pas parce qu’elles font partie de soi, de sa vie. On se réapproprie son corps.

    Est-ce que le tatouage n’est pas effacé par la valorisation du beau, de l’esthétique ?
    Pour moi, il n’y a plus aucun rapport avec les motivations traditionnelles. Il ne s’agit plus d’un rite initiatique, cela n’a pas de pouvoir magique ou prophylactique, on est vraiment dans la décoration et l’appropriation de soi en vu de la construction d’une identité, voire de renaissance. Le tatoueur artisan, c’est celui qu’on interpelle quand on veut un tatouage bijou ; parallèlement, on a vu se développer des artistes qui deviennent des tatoueurs. En général, quand on veut des pièces personnelles, on se tourne vers la seconde catégorie. Néanmoins, le tatoueur reste un artisan.

    Qui considères-tu comme tatoueur « artiste » ?
    A Paris, Yann Black, par exemple. Mais pour moi, il n’y a pas de beaux ou de mauvais tatouages : à chaque projet son tatoueur, et comme le dit l’Homme tatoué dans son spectacle « chacun est persuadé que le sien est le meilleur ». C’est un peu vrai…

    Pour finir, notre question rituelle : quelles lectures conseilles-tu à ceux qui souhaitent aller plus loin sur le sujet?
    Modern Primitives, livre culte, paru chez ReSearch. Les Hommes illustrés, de Jérôme Pierrat, le meilleur livre sur le tatouage, aux éditions Larivière. Le Vêtement incarné, de France Borel, en poche, mais épuisé, L’Homme tatoué, récit autobiographique de Pascal Tourain aux éditions Yunnan. Chez Taschen, il existe un pavé sur la chirurgie esthétique, il mérite le détour. En fiction, je conseille l’excellent premier roman cyberpunk de William Gibson, Neuromancien, éditions J’ai Lu : des gens se font greffer des tatouages en 3D, animés. Ou L’homme illustré, de Bradbury. En film, La femme tatouée, de Yoichi Takabayashi, ou le documentaire Sick, de Bob Flanagan.

    Entretien : Matéo/Pâtre.

     Changer le corps, de Stéphanie Heuze
    Editions La Musardine / 2000

    Le livre le plus complet en français sur le sujet des modifications corporelles, des rites primitifs aux cyborgs du futur, via le tatouage, le piercing, le transsexualisme, le body-building, etc. Richement illustré en noir et blanc.

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    Hors-Circuits Vidéoclub – Librairie
    4 rue de Nemours 75011 Paris Tél 01 48 06 32 43
    ADRESSE POSTALE/FACTURATION
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    TLJ de 12h30 à 20h30 sf dimanche
    http://www.horscircuits.com
     

    Les gars de la marine – Le tatouage de marin. Par Geneviève Pierrat, Emmanuel Guillon

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    A Hambourg, Rotterdam, Londres ou New York, se sont écrites les plus belles pages de l’histoire du tatouage occidental…
    Des millions de marins, en provenance de tous les coins du globe, ont confié leurs peaux boucanées, aux aiguilles des artistes du lieu… De retour au port, les tatoués s’exhibent et enjolivent… Paradis exotiques, vahinés, voyages aux longs cours : la légende s’empâte du tatouage… Dès lors, chaque mousse, chaque marin en partance honore la tradition de l’encrage : ancres câblées, sirènes, voiliers…
    manches relevées sur les avant bras, les matafs exhibent leurs états de service. Dans l’imaginaire occidental, l’image du marin tatoué est ancrée pour deux siècles…

    Les vrais, les durs, les tatoués. Le tatouage à Biribi. Par Geneviève Pierrat, Emmanuel Guillon

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    Jusqu’à peu, tatouage et prison étaient encore menottés ensemble et difficilement dissociables. Nul hasard. En France, de 1850 à 1945, le piquage fut majoritairement l’attribut des truands. Leur carte d’identité. Le derme des Hommes racontait leur vie derrière les barreaux, dans les bars et sur les trottoirs des bas-fonds.

    Au début du siècle pour être un mec du Milieu, il fallait être naze et bouzillé, soit syphilitique et tatoué. Cette « école française du tatouage » est née dans les bagnes militaires au XIXe siècle en Afrique du Nord, dans ce que l’on appelait alors Biribi. Bat d’af, Compagnie de discipline et autres pénitenciers furent de véritables machines à tatouer les mauvais garçons. Aujourd’hui tombés en désuétude, les grands classiques de l’encrage hors-la-loi ont quitté les peaux des vrais de vrais. Ne restent que les photos – souvenirs noir et blanc laissées par les criminologues.

    Le corps de l’artiste de Tracey Warr et Amélia Jones

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    « Une présentation aussi spectaculaire du corps de l’artiste (…) marque une transformation radicale de la manière de définir l’art visuel »

    Résumé du livre

    Au cours du XXème siècle, de nombreux artistes ont utilisé leur corps à la fois comme sujet et comme objet de leur oeuvre. Ces artistes renouvellent la tradition de l’autoportrait et participent de cette nouvelle tendance consistant à sortir l’art des galeries et à la transporter dans des lieux inattendus et des médias inhabituels. Cet ouvrage met d’abord en avant des artistes fondateurs tels que Marcel Duchamp et Jackson Pollock, puis passe en revue un certain nombre d’artistes importants qui ont fait de leur corps leur médium – dont, dans les années 1960, Carolee Schneemann, Rudolf Schwarzkofler, Yoko Ono ; dans les années 1970, Chris Burden, Ana Mendieta, Vito Acconci ; et, plus récemment, Matthew Barney, Yasumasa Morimura.

    Peau de Philippe Di Folco et Philippe Vaurès-Santamaria

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    Publication 14/10/2004


    Résumé du livre

    Peau tatouée, peau piercée, ce livre dit et donne à voir les codes de reconnaissance entre tribus d’hier et d’aujourd’ hui. Servi par plus de 150 splendides photos, un texte très documenté nous entraîne des Maoris aux jeunes des cités, en passant par les bagnards de Cayenne façon Papillon, les motards moustachus en Harley, les marins (A maman pour la vie), sans oublier Madame le Préfet qui porte un tatouage discret sur l’épaule gauche – si visible sous son dos-nu, si hype en soirée. Et parce que le sujet est au top de l’actualité, cet ouvrage explique aussi comment faire, se faire faire et se défaire de tatouages et autres piercings en toute sécurité.

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    Les extraits

    Morceau choisi
    En 1970, on trouvait pour « tatouage », dans un dictionnaire courant de psychologie (Larousse 1970), cette définition : ‘Peuplades fétichistes s’y adonnant : Afrique, Polynésie. On l’observe aussi dans certains corps : marine, armée, milieu (prison). Les individus qui s’y soumettent ont, généralement, une personnalité malléable, faible, plus ou moins déséquilibrée. Le tatouage qui a presque toujours un caractère magique satisfait souvent une tendance narcissique naïve (affirmation virile), mais peut aussi correspondre à un besoin d’affiliation (appartenance à une caste, à une société secrète) ou avoir la signification d’une bravade désespérée. Il est toujours un indice d’immaturité affective.’ Les temps changent ! Mais les préjugés demeurent. Ce phénomène n’est pas correctement perçu.

     

    - page : 49éditeur : Fitwaydate d’édition : 2005 -

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    Auteur: galikaia

    galikaia

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