Archives pour la catégorie scarifications

Quelques mots d’histoire…

Quelques mots sur…

Le tatouage:

D’où viennent-ils? De quand datent-ils? Les origines de la pratique du tatouage sont assez floues. On a retrouvé des traces relevées sur le corps d’Otzi, l’hibernatus autrichien âgé de près de 5300 ans, mais les racines de cette pratique sont certainement plus anciennes encore. Ce que l’on peut dire de cette pratique multimillénaire, c’est que cette pratique est universelle puisqu’on la retrouve sur tous les continents et chez de nombreux peuples: Celtes, Eskimos, Egyptien, Japonais, Polynésiens, Berbères, Nuba, Pygmées… Le rite est donc commun à de nombreux peuples mais par contre le sens des tatouages, leurs usages varient à travers l’histoire et les cultures.

Au Japon, des figurines au visage peint ou gravé, vieilles d’au moins 5000 ans servaient vraisemblablement à accompagner la personne décédée dans l’au-delà. Les tatouages revêtaient une signification religieuse ou magique à cette époque. Plus tard, vers 720 après JC, les tatouages servirent à identifier les grands criminels et les bannis, dont les dessins reflètaient souvent le lieu du crime.

En Egypte, les archéologues ont trouvé la momie d’une femme qui aurait été prêtresse de la déesse Hathor il y a environ 4000 ans. Elle avait des lignes parallèles tatouées sur les bras et les cuisses, de même que sous le nez. Selon les spécialistes, ces lignes auraient une connotation érotique, comme la plupart des tatouages de l’Egypte ancienne.

Au nord de la frontière séparant la Chine et la Russie, furent mis en évidence des tombeaux des Pazyryks, qui étaient de redoutables guerriers ayant vécu il y a plus de 3000 ans. Certains corps quasi intacts portaient des tatouages, qui représentaient des animaux, tant imaginaires que réels. Les chercheurs croient que certains dessins plus abstraits, mais aussi apparents, étaient destinés à un usage thérapeutique. Aujourd’hui, quleques tribus vivant en Sibérie utilisent toujours le tatouage dans le but de soulager les maux de dos.

En Inde et au Tibet, les tatouages accompagnent les grandes étapes de la vie: puberté, maternité, maladie, deuil. Le peuple Karen (Nord de la Thaïlande), dans sa lutte contre l’armée birmane arborait encore récemment des tatouages talismans qui devaient arrêter les balles de l’adversaire. De leur côté, les Grecs et les Romains utilisaient le tatouage pour distinguer les classes. Par exemple, ils marquaient les esclaves, les condamnés à mort et les prostituées afin que la population les reconnaissent.

Le Piercing:

Le piercing consiste à percer la peau pour y insérer un anneau, un diamant ou tout autre forme de décoration. Le piercing est une pratique ancestrale, connue des Indiens Mayas (anneaux dans la langue), des Papous (osselets narinaires), des Massaïs (oreilles). Se faire percer les oreilles était naguère une tradition familiale. Le port de boucles d’orielles était considéré comme normal. Mais de nos jours nombreux sont les adolescents et certains adultes qui se font poinçonner plusieurs fois la chair en de nombreux endroits. Il y a une vingtaine d’années, un nouveau mouvement culturel, les Punks, fit son apparition. Ce mouvement assez marginal, de tendance assez violente, ne voyait aucun futur, et se perçait le corps avec des épingles à nourrices. La mode du piercing s’est depuis répandue, pour atteindre maintenant de nombreuses couches de la société. Toutes les parties du corps sont concernées par le piercing.

Les scarifications:

la scarification consiste en l’incision de la peau assez profonde de manière à laisser des cicatrices. Les lésions ainsi formées sont alors frottées avec des cendres chaudes et des morceaux de bois. Cette technique a pour but de laisser des traces de type de brûlures. Les scarifications sont un moyen de montrer son appartenance à une ethnie et sont aussi considérées comme l’expression d’une grande beauté.

Signalons pour terminer, qu’évidemment aucune de ces modifications corporelles ne sont sans danger car elles nécessitent l’introduction de corps étrangers dans la peau, la rupture de la barrière cutanée et sont donc propices aux déclenchements d’infections qui peuvent rendre la cicatrisation longue et douloureuse. Elles doivent être réalisées de manière stérile.

 82atatouage.gifTatouage traditionnel africain

82cscarif.gifscarification abdominale traditionnelle de la nouvelle-Guinée.

scarifications africaines

scarification204220thumb.jpgscarifications2.gifscarificationnubawoman.jpgcouteauxdescarificationducongo.jpg

Scarifications africaines. Un lien très intéressant: http://www.ezakwantu.com/Gallery%20Lister%20Hunter%20Photo%20Set%20D%20-%20Tattoo.htm

Reportage photos assez bien fait sur le déroulé.

Scarifications comme ornement: Jeune fille NUBA

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Jeune fille Nuba (Sud Soudan).

Art corporel des Nuba:

Les filles, dès l’âge de 3 ans, s’enduise de la tête aux pieds d’une huile teintée de terre ocre, plus ou moins rouge selon leur clan. Elles portent de nombreux colliers (perles, racines, graines, fruits secs, plume), le nez peut être percé pour y mettre un anneau, elles enduisent aussi leurs tresses de graisse et de terre.  Elles ont le corps et le visage couverts de scarifications, faites à l’épine et avec une lame. Les cicatrices sont recouvertes de farine de sorgho (une céréale) pour les sécher et leur donner une forme bien bombée. Les scarifications se commencent à l’âge de 10-11 ans sur le visage pour s’embellir, mais aussi parce que dans leur médecine traditionnelle, les scarifications sur le visage amélioreraient la vue et éloigneraient les maux de tête.

Aux premières menstruations, elles se scarifient sur le ventre. Passés les trois ans de leur premier enfant, elles se scarifiaient le dos, les fesses et les jambes pour « redevenir séduisantes ».

Les Nuba  aujourd’hui vivent en grande partie dans la pauvreté, en ville pour les réfugiés, ou en pays Nuba. Ils sont généralement victimes de discrimination. A partir des années 1960, leurs terres ont été occupées pour devenir de grosses fermes, ceux qui refusaient d’abandonner ces terres étaient emprisonnés ou assassinés. De 1992 à 2002, ils ont été entraînés dans la guerre civile entre le gouvernement islamiste de la capitale et le sud du pays. De nombreux Nuba ont été massacrés, déportés et enfermés dans des camps. En 2005, après les affrontements, les Nuba de retour dans leurs villages n’ont pas retrouvés leurs terres agricoles, confisquées par le gouvernement.

Pour la biblio:

Oswald Iten, Le Soudan, Zurich, Editions Silva, 1983

Eliane et Pierre Dubois, pays des Nouba, Lausanne, Edita S.A. 1980

Leni Riefenstahl, Les Nouba de Kau, Paris, Chêne, 1976

S.F. Nadel, The Nuba. An Anthropoligal Study of the Hill Tribes in Kordofan, Oxford University Press, 1947.

Merci à Fabio pour cette contribution !emoticone

 

scarifications: cicatrices et esthétisme, les origines

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« À portée du regard et du toucher, s’affichent les signes du corps : des lignes s’inscrivent, d’autres s’estompent. Des formes naissent, parfois s’imbriquent ou se perdent, puis retrouvent leur mouve­ment pour partir à l’assaut d’une portion de surface lisse. Et tous ces dessins recherchent le motif d’un tressage, d’un tissage, ou les traces laissées par les êtres que dissimulent les rivières et les forêts, ou la mémoire des humains. » c.falgayrettes-leveau

À l’inverse de la peinture et du maquillage, superficiels et passa­gers, les tatouages et les scarifications créent une modification définitive des tissus cutanés.

Créées volontairement par l’altération du derme, les scarifications sont le résultat de cicatrices. L’incision est la technique la plus courante, la peau pouvant être entamée soit par de petites sai­gnées, soit par de longues estafilades. Les instruments sont les mêmes que pour les tatouages, mais s’y ajoutent des lames et des couteaux. La cautérisation est plus rarement utilisée. Parmi les ingrédients déposés sur les plaies figurent des hémostatiques, mais aussi des cicatrisants, ou des agents favorisant l’hyperplasie, c’est-à-dire le développement de l’un des constituants histologiques responsables de la cicatrisation et produisant parfois ces sortes de petits boutons, ces saillies cutanées boursouflées, qui sont autant de motifs décoratifs ayant l’aspect de chéloïdes.

Il est impossible de relever la diversité des motifs, car les choix obéissent non seulement aux croyances mais aussi à la fantaisie et aux multiples influences à l’intérieur d’une société. S’il est vrai qu’au sein d’un même groupe, des individus peuvent avoir en commun certains dessins, ou ne porter aucune trace, il arrive que des scarifications semblables se rencontrent dans des groupes extérieurs, sans qu’il y ait parenté ou lien.

Les scarifications parent la peau de motifs en creux ou en relief, dessinant des traits courts et fins, plus ou moins denses, plus ou moins étendus, isolés ou groupés en lignes parallèles.

« Les marques du corps maintiennent un certain accord entre deux ordres, l’un touchant au concret, à la matière, c’est-à-dire à la peau, l’autre aux données suggestives, au virtuel. Cette rencontre se réalise en un lieu de stabilité qui doit tendre vers l’unité et l’harmonie, favorisées par la présence des scarifications. Les des­sins s’animent d’une prégnance telle que les tracés respectifs peuvent s’engendrer réciproquement, les ondulations assurant le passage d’un plan à l’autre. Mais parfois, la décoration s’opère de façon serrée, diminuant à l’extrême l’intervalle, et jouant sur l’effet de raccourci, effet qui traduit inévitablement la pénétration du dessin au plus profond de la peau, comme sur le visage de quelques sculptures teke du Congo » c.falgayrettes-leveau

Signes d’appartenance, souvenirs des rites de passage ou de contacts culturels, fonctions erotiques, esthétiques, prophylac­tiques ou thérapeutiques, les scarifications se font les échos des croyances, des valeurs sociales ou des relations extrapersonnelles, échos lointains, assourdis, car toutes les données témoignant de la vie des individus, puberté, initiation, entrée dans une confrérie ou mariage, ont subi une transmutation plastique, que ce soit sur le corps même des hommes ou sur les sculptures.

Les motifs corporels traduisent les changements opérés dans la vie des indi­vidus, et affichent parallèlement leurs droits et leurs obligations. Mais à travers une ligne ou un dessin, c’est parfois toute une métaphysique, une cosmogonie une culture qui s’exprime..

Signes d’identité.

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Signes d’identité.  

Tatouages, piercings et autres marques corporelles.

Un livre de David le Breton.

Paris, Métailié 2002, 226 p., 18 euros.

Les jeunes générations sont friandes de ces marques corporelles qui soulèvent nombre de débats dans les instances de la santé public ou troublent les parents : tatouage, piercing, stretching (élargissement du piercing pour y mettre une pièce plus volumineuse), scarifications, cutting (inscription de figures géométriques ou de dessins à l’encre sur la peau sous forme de cicatrices ouvragées grâce au scalpel ou à d’autres instruments tranchants), branding (cicatrice en relief dessinée sur la peau par l’application au fer rouge ou au laser d’un motif), burning (impression sur la peau de d’une brûlure délibérée, rehaussée d’encre ou de pigment), peeling (enlever des surfaces de peau), implants sous cutanés (incrustation de formes en relief sous la peau). En quelques années, ces nouveaux usages ont renversé les anciennes valeurs négatives qui leurs étaient associées. Le corps est investi comme lieu de plaisir dont il faut affirmer qu’il est à soi en le sursignifiant, en le signant, en le prenant en main. David Le Breton analyse les significations de ces marques corporelles dans le contexte de nos sociétés contemporaines en s’appuyant sur une vaste enquête touchant plusieurs centaines de jeunes.


Auteur: galikaia

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